Nos conseils

La finance comportementale démontre
l’influence des facteurs émotionnels et cognitifs
sur nos décisions d’investissement

En réalisant que ces phénomènes sont inconscients, nous pouvons prendre de meilleures décisions pour atteindre nos objectifs d’investissement. Se connaître et être accompagné sont les clés pour un investissement réussi. Enfin, il est utile de rappeler les principes fondamentaux suivants...


Investir régulièrement

Les fortes fluctuations régnant sur les marchés d’actions font du moment que vous allez choisir pour investir sur un marché, un élément déterminant. Ainsi, placer tous les mois, pendant plusieurs mois, à la même date, la même somme, sans se soucier des cours ou des tendances, se révèle souvent une excellente stratégie d’investissement. Cela permet en effet de lisser le prix d’acquisition de ses actions et de gommer les mouvements les plus erratiques des marchés.


Agir à contre-courant
(éviter les comportements moutonniers)

Le potentiel de performance future augmentant avec la profondeur de la baisse des cours, il faut profiter de celle-ci pour se montrer plus audacieux. Paradoxalement, il faut envisager cette période comme une opportunité, dans le cadre d’une vision à long terme. Les investisseurs interprètent, en effet, les chutes des marchés boursiers comme un environnement risqué, or, c’est précisément le contraire. À l’inverse, plus le marché est élevé, plus le risque de baisse est fort. Il est très difficile d’anticiper la durée et la profondeur du creux des crises boursières. Il y a donc une dichotomie entre la psychologie des investisseurs (pour lesquels le sentiment de risque est fort lorsque le marché baisse), et la réalité, puisque le risque de contre-performance diminue au fur et à mesure que le marché cède du terrain.


Oser prendre des risques

Le principe qui consiste à « éviter les risques à tout prix » ne doit plus être érigé en ligne de conduite en matière de placements financiers. Pourquoi ? Parce que la sécurité d’un investissement sur le marché monétaire, ou en obligations d‘État bien notées, coûte actuellement très cher puisque les taux servis par ces placements sont très faibles voire même négatifs. Laisser son argent dormir sur un livret d‘épargne ou l‘investir uniquement dans des obligations bien notées comporte ainsi deux risques à moyen terme :

  • – celui de ne pas pouvoir maintenir son pouvoir d’achat actuel, puisque l‘inflation peut très vite grignoter davantage que les maigres intérêts rapportés par ces placements,
  • – celui que la hausse des prix et l‘envolée de l’endettement public exposent les obligations, d’ici à leur échéance, à une éventuelle remontée des taux et à une chute des cours.


Diversifier les risques

« Diversifier » signifie composer son portefeuille de plusieurs classes d’actifs, de plusieurs marchés et de plusieurs titres par marché , afin de le rendre peu sensible aux variations d’un titre. L’intérêt réside clairement dans la réduction du risque : plus votre portefeuille sera diversifié, moins le risque sera élevé.


Ne pas regarder en arrière

Les arbitrages opérés dans les portefeuilles ne doivent pas être réalisés en fonction du prix d’entrée sur le marché, mais en fonction du cours actuel des actifs que vous possédez et des perspectives qu’offre chaque marché ou chaque titre.


Avoir une vision à long terme

La durée de placement est un excellent amortisseur de risque. Ainsi, investir dans une SICAV ou un FCP d’actions, en étant certain de conserver son placement au moins 5 années, présente des risques limités de perte en capital au terme de cette période. Par contre, investir sur ces mêmes OPCVM pour quelques mois est très aléatoire. Le temps adoucit la volatilité, donc le risque.


Définir avec son client son objectif
d’investissement, formaliser un engagement
et s’y tenir

C’est ce qu’on appelle la stratégie d’Ulysse. L’expression « pacte d’Ulysse » ou « contrat d’Ulysse » fait référence à une décision prise dans l’instant présent, qui a pour objet et pour but de lier quelqu’un à cette décision dans le futur. Elle renvoie à la stratégie qu’Ulysse avait adoptée au cours de son voyage de retour de la guerre de Troie, qui le conduisit, avec son équipage, à naviguer au large de l’Archipel des Sirènes. Les îles étaient réputées pour héberger les Sirènes, dont le chant exceptionnellement séduisant poussait les navigateurs à se jeter à l’eau, dans l’espoir de les rejoindre. Les navigateurs étaient condamnés à une mort certaine et aucun ne revint pour relater la nature exacte du chant des Sirènes.
Ulysse voulait être le premier homme à entendre ce chant et à y survivre. Il ordonna à son équipage de se boucher les oreilles avec de la cire d’abeille pour occulter le son, de l’attacher au mât de son navire et d’ignorer, le cas échéant, ses supplications pour le détacher. Son plan fonctionna. Ulysse entendit le chant des Sirènes, son équipage ignora ses supplications et, lorsqu’ils se retrouvèrent hors de portée du chant, il donna le signal convenu au préalable, intimant à son équipage de se déboucher les oreilles et de le détacher.
L’histoire montre qu’Ulysse s’était engagé, dans un moment neutre (avant d’entendre le chant des Sirènes), à adopter une approche rationnelle et s’était assuré qu’il ne changerait pas d’avis. Cette approche d’engagement préalable est le produit de l’esprit de réflexion.
De la même manière, les conseillers financiers doivent déterminer avec leurs clients une stratégie d’investissement rationnelle, en adéquation avec leurs profils de risque, en amont de tout mouvement de marché. Une fois celle-ci définie, il faut tenir le cap et ne pas céder à une décision dictée par l’irrationnel.

Dans l’univers des placements financiers, comme sur une île déserte, mieux vaut être bien conseillé que seul et égaré !